Coupe de France Delaune 2013/14 : 32eme de finale : Aucamville(31) – CIC : 0 – 6

Résumé TOUT CHAUD by batbeu la nouvelle plume du CIC
Dimanche 2 Février 2014 : 32 ème de finale de la Coupe de France Delaune à Toulouse au stade Canto Laouzetto à 15h00
As Aucamville – Celtic Irish Club : 0 – 6
Buteurs : Yespapa(2fois), geoffrey, Jumo et????

Le chêne, le roseau et le petit lapin
Trêve de suspens. Je ne te ferai pas en effet attendre plus longtemps, cher lecteur, en te dévoilant immédiatement les fruits de notre épopée toulousaine : six buts à zéro. Evidemment, tu te poses des questions : ont-ils joué au tennis ? Ont-ils affronté des demi-hommes ? Ont-ils un nouveau numéro dix digne de ce nom ? Tout doux, tout doux, lecteur farouche… La patience est une vertu. Voilà comment tout a commencé.
Tandis qu’en début d’année Le Zim reprenait les rennes d’une cavalcade foudroyée en quart de finale l’an passé, la rumeur voulait qu’il s’adjoignît un assistant particulièrement taiseux du nom de Manu Gineste. Ainsi, tels Zorro et Bernardo vengeant dans l’ombre la veuve et l’orphelin, ce nouveau couple nous convoqua tout un chacun après quelques aléas calendaires liés aux intempéries. Ça sentait bon l’organisation au carré avec subtilité stratégique, du moins c’est ce que Le Zim tentait de démontrer en arborant fièrement son bloc-notes noir format A4 qui, à lui seul, en imposait. La rumeur – encore elle – voudrait que, contrairement à un autre objet noir qu’il a fréquenté, celui-ci serait encore vierge.
Bref, un premier convoi s’élance le samedi. Affres de la vie moderne et de l’amour effervescent, nous passons en compagnie de Loris récupérer Iron Man à Auriol mais aussi son fils afin de le ramener à sa mère à Graulhet près de Toulouse. Tout le monde a suivi ? Alors que le pilote champion d’Europe de superkart 250 conduit paisiblement sa mégane, un coussin sous les fesses histoire d’être à la bonne hauteur, je décide courageusement de piquer un somme. Tu sais, lecteur, que le sommeil est une deuxième vie que Platon lui-même consacra dans ses écrits (à propos de Platon on y reviendra, hein Jean-Luc ?). Mais que nenni. Titou est déjà, malgré son jeune âge, un être généreux et me propose sans que j’ai le temps de répondre, un massage autrichien d’environ trois heures et demie. Ce dernier se pratique avec les talons, lesquels doivent percuter vigoureusement le dos du patient. Effet garanti. Insomnie. Mais relaxation profonde également. Un peu comme si j’avais inspiré plusieurs bouffées de cette substance qu’on appelle, je crois, la résine de cannabis. Merci Titou. En arrivant j’étais donc neuf. Il n’y avait plus qu’à m’inverser pour obtenir le score du match.
Rapide passage à l’hôtel. J’entre dans la chambre. Au-dessus du lit, sur un rectangle de plastique, il y a écrit en gros : « ouvrez les yeux, c’est votre chambre, fermez les yeux, ce sont vos rêves ». Pense plutôt à fermer ta gueule mec quand tu as des idées comme ça ! Voilà ce qui se passe quand des promoteurs immobiliers s’occupent de poésie, tout ça parce qu’ils viennent de voir Vanilla Sky. Tu t’appelles Kyriad, non ? Pas Baudelaire. Pas le duc de Boulogne non plus. Tu veux rivaliser ? On va te dévaliser, te déraciner, te décalciner. Tout en calmant mes ardeurs de guedin, je traverse une eau marronnasse pour arriver dans un pub bondé, France-Angleterre oblige. On boit des bières quand on arrive à commander. On commence à avoir faim. A Toulouse, on aime faire la queue devant les restaurants, elles sont parfois longues, jusqu’à venir buter sur le trottoir (Jean-Luc voici une métaphore érotique mais chut ! personne ne doit divulguer le nom de celui qui a pu bénéficier de cette gâterie nocturne, hein Steph ?). Au final, on se retrouve dans une chaîne de pizzéria dont je ne voudrais pas faire la publicité ici. Catalogue Camif pour le menu, pizza mi-cuite et tiramisu invalidé par Maxime (un petit nouveau). Par contre Bernardo a disparu. Il s’est prévu une contre-soirée déguisée dans une grange avec performance burlesque (traduction : des grosses qui dansent pour faire croire qu’elles se sentent bien dans leur peau) et musique électro. Muet mais pas con, le Bernardo, bien qu’il ait fini sa nuit avec une fille du spectacle plutôt qu’avec la copine qu’il devait retrouver.
Quelques nouveaux venus font leur apparition : un certain Maxime, tout droit arrivé d’une bourgade insalubre qu’on appelle Aix-en-Provence, un certain Philippe déjà particulièrement investi auprès de ses entraîneurs et qui a du mal à choisir son menu d’un seul coup, et un certain Jean-Luc. Je mets du temps à m’en rendre compte mais c’est un poète que je découvre en la personne de JLB. Sous sa carapace de Hummer il y a un cœur qui tambourine et qui s’écrie : « ta mère ! ». Il y a la rencontre inoubliable avec un petit lapin, la caresse à un chien à l’entrée de l’hôtel, le partage de sa morve sur le dos de Max sous la douche. De l’émotion à l’état brut vous dis-je ! Toutefois JLB, abonné au magazine Mieux vivre votre argent, n’oublie pas le sens des réalités : il nous offre en fin de soirée une demie-tournée. Bref, comme aurait dit ma grand-mère marseillaise : « cet homme, c’est un vrai poème ! »
Une soirée raisonnable donc avec retour au pub. JLB sniffe quelques traits de vodka-pomme et on empêche Sorcier de se battre avec un rugbyman. J’évite la partie de cartes et, m’allongeant, ne tarde pas à rejoindre cet espace rêvé dans lequel sur un terrain de football je peux courir vite. Je repense à ceux qui ont choisi l’aventure nocturne et qui ne manqueront pas de nous raconter le lendemain leurs exploits supposés véridiques. Le deuxième convoi arrive et vient rendre hommage au slip emblématique de JLB. Il y a des œuvres qui se respectent.
Lever correct. Menu à l’hippopotame ou au faux Macdo. Arrivée au stade, proche de la cité du Mirail qui, grise et fleurie de paraboles, nous rappelle que la pauvreté est partout la même. Distribution des maillots. Révolution au sein du groupe : Philippe est numéro 10 et capitaine. Un choix osé mais confirmé par la prestation du leader de la D, groupe dont la prestance – est-il utile de le rappeler ? – inspire les autres équipes du Celtic par la qualité de ses prestations, ce qui explique que de nombreux joueurs de la D aient été sélectionnés pour cette Coupe de France. Bon, on perd le lendemain 6-2 contre Catalans, certes… Discours fébrile du Zim avant le coup d’envoi. Il débute faut-il le rappeler. Pour revenir au match, après un quart d’heure de flottement où se mêlent à la fois digestion pâteuse et organisation de neurones en bas débit 512 ko, Iron Man ouvre le score en cassant la cage (Titou ! Titou!). Jumeau déborde et c’est comme s’il s’entraînait à sauter des haies constituées de joueurs souvent gras et orange. Et oui, nous affrontons le Shaktar de Toulouse mais qui n’aurait pas eu connaissance de la chute du Mur de Berlin. Max tente ses frappes, Maxime se promène, Jean relativise, JLB fait son footing en repensant à son petit lapin, Lolo centre quand il faut tirer et tire quand il faut centrer, Romain découpe, Jojo est aux cages, Antho cherche Yespapa, Yespapa cherche les bois. Et les trouve. Ce n’est pas un numéro 9 que nous possédons mais un chêne. Peu importe la nuit qu’il passe, il est là. Il deepthroate la défense par deux fois. La routine, quoi. Cette grosse saucisse toulousaine s’est déchiquetée sous nos assauts. Pas très amusant finalement. Heureusement que je me suis un peu attrapé avec le 6 et que JLB a subi un attentat testiculaire. Et Philippe me direz-vous ? J’aurais tôt fait de le vilipender en prétextant qu’il ne court pas ou de foutre la merde en insinuant que Max ne le porte pas dans son cœur. Mais non. Je ne le ferai pas. Je suis bien entendu au-dessus de tout ça. Je suis le roseau qui se penche jusqu’à toucher le banc de touche d’ailleurs. Pour évoquer Philippe et son jeu, je tenterais plutôt une allégorie (Jean-Luc, c’est pour toi) : le jeu de notre nouveau numéro 10 ressemble à s’y méprendre aux statues de l’Ile de Pâques. Personne ne sait comment elles sont arrivées là. Mais elles en imposent. Et c’est beau.
Pour revenir au banc de touche, je l’imagine en ce dimanche finalement ensoleillé comme l’antichambre de la mort footballistique, un cimetière des éléphants en somme. Je m’y assois à contre-coeur durant toute la première mi-temps et puis un peu de la deuxième. Merde, je ne pensais pas que ça viendrait si vite. Vanité des vanités comme dirait l’Ecclésiaste. Petite leçon d’humilité. Ça peut pas faire de mal. Un peu quand même…
Enfin, lecteur, le qu’en-dira-t’on te parviendra peut-être selon lequel j’aurais commis un sprint rocambolesque et sonore qui s’avoua particulièrement stérile. Certes tout n’est pas faux dans cette histoire peu rapide mais je tenais à rappeler que ce n’est pas moi qui suis trop lent. C’est le monde qui va trop vite.

4 réflexions au sujet de « Coupe de France Delaune 2013/14 : 32eme de finale : Aucamville(31) – CIC : 0 – 6 »

  1. Clem

    Merci Batbeu pour ce, un foi de plus, jolie résumé. Par contre tu commences pas a te demander si il ne t’emmène pas juste pour que tu puisses faire le résumé 😉

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  2. Tonyexgoal

    Tain Mr Batbeu, t’es un Phénomène !!! J’aime tout..tes allez Gory, tes met ta faure, tes je 2 mots, ton esprit ludique, tes rappels au futur antérieur, tes brides d’histoires disséminés ça et là, tes coups de fourche, ta patience….Tu es un grand homme…comment peux ton parler autant en s’exprimant si peu, ou versa vicieux que tu es…!
    Ce doit être ça la solution…observer et enregistrer…c’est ce que je m’efforce à faire depuis que je joue au ballon…mais voilà, il me manque juste la plume et l’encre pour pouvoir jongler..
    M.E.R.C.I tu nous régales !!
    T’as juste oublier la mère à Max….

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