Championnat 1ere journée Séniors Saison 2017 – 2018 AS CONSTRUCTA vs CIC D : 2-5

Lundi 9 octobre 2017

Stade Tellene 19h45

Buteurs : Jo Cullia, Arnaud, Loris (×3)

Résumé by Batbeu

Dans le ghetto du septième, il fait parfois bon vivre. Quand le bruit des armes à feu fait
soudain silence, quand les querelles de trafic s’éteignent un moment, on peut même songer à quitter
des yeux le coin de la rue. C’est dans ces dispositions nouvelles que, calé dans un Chesterfield
d’Alabasta un verre de vieux brandy à la main, je vois arriver Saint-Perron dit le Duc de Bompard.
Il a choisi la sobriété ce soir. Manteau de vison et canne à pommeau d’ivoire. Deux filles aux bras
qui ont dans les yeux cette éclatante joie de vivre que j’envie parfois et qu’elles perdront si
rapidement une fois que le Duc leur aura expliqué le turbin à coup de beignes. L’une d’elles a une
jupe si courte qu’on voit se dessiner sous sa fesse gauche une petite salamandre censée dissimuler le
prénom d’un être disparu. Le Duc ne pète pas la forme. Entre la langouste de l’Épuisette qui a eu du
mal à passer et ses marmots qui le martyrisent, il a l’œil mauvais. J’en demande davantage. « La vie
de proxo à coté de celle de parent c’est du gâteau, mec ! Ils me rendent dingues, mec ! » J’ai oublié
de signaler que Saint-Perron s’exprime comme un nigga du Bronx quand il est contrarié. « Jérémy
perd sa tétine Gucci une minute sur deux, Sumo attaque son troisième paquet de chips avant que j’ai
bu ma chicorée et Théo fout ses playmobils dans le micro-ondes et chialent parce qu’ils ressortent
avec la tête de Darma ou Bardy. Ils vont me tuer, mec ! Ils sont pire que le fils de Geo, mec !
Qu’est-ce qu’elle fout la nounou colombienne que je paie une blinde !? » Je n’ose pas lui faire
remarquer que la Colombie est plutôt réputée pour une poudre qui ne sert pas tout à fait à talquer le
cul des bébés. La soirée se passe paisiblement et tandis que nous rotons nos dernières bulles de
Ruinart, le texto tombe. Constructa à Tellene. Du niveau pour commencer. Ça nous plaît. Dès lors,
la nuit ne sera plus tout à fait la même. Elle nous fera basculer dans cette joie comateuse que les
hommes recherchent pour oublier qu’ils vont mourir. Nous bougerons à la fantôme. Yeux rouges et
dents jaunes. Et nos doigts sentiront le shit et la chatte.
Je pourrais à ce moment du récit poursuivre les pérégrinations de deux maquereaux sur la pelouse
située sous Notre-Dame, évoquer avec joie les petits-ponts infligés ou subis, railler Xavi pour son
penalty raté, rappeler la passivité somnolente du Condor sur le premier but encaissé, décrire la
tendre humanité de notre arbitre, scénariser le massacre de la deuxième période qui scella notre
large victoire, féliciter la D pour cet effort de continuité d’une saison sur l’autre. Mais je n’en ferai
rien. L’heure n’est plus à la faribole. L’heure est funeste. On s’est trompé de capitaine au coup
d’envoi, mais ça c’est secondaire. On s’est surtout trompé de numéro dix et ça c’est grave. Autant
dire qu’on m’assassine ! Ne pas débuter ce match c’était un peu comme si les dieux s’étaient réunis
pour dire : « Bon, ça fait longtemps qu’on n’a pas foutu la merde, non ? Une bonne grosse injustice,
ça serait cool, non ? Juste histoire de commencer la soirée ? Et après on fait mourir des pauvres
avec des typhons et des tremblements de terre ! » Je ne vais évidemment pas jouer les victimes du
type Samir Nasri en utilisant mes origines comme facteur usurpé de discrimination. Mais en y
regardant bien, du côté de mon arrière-arrière-arrière grand-père, il y avait un Juif. Ne me demandez
pas d’où il sort, je n’en sais rien moi-même. En revanche, il est plus intéressant de s’attarder sur le
nom de famille de mon pseudo-remplaçant en première mi-temps : Cappo ? Capo ? Capot ? Kapo !
Kapo : nom masculin d’origine allemande, dans les camps de concentration nazis, personne chargée
de commander énergiquement (magnifique euphémisme!) les déportés pour les services du camp ou
pour les travaux extérieurs. Ah bravo Geo ! Merci ! Et voilà, l’Histoire se répète ! En signe de
protestation face à cette violente attaque antisémite, je décide donc en vue du prochain match de
découdre (euh, Jo, ils sont cousus ou collés avec de la colle de merde les morceaux de plastique sur
nos maillots?) l’écusson du Celtic pour le remplacer par une étoile jaune quelque peu significative.
C’est dit, c’est fait. Et comme dirait mon ami d’enfance Martin Luther King : « Une injustice
commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier. » Je n’ai rien à ajouter. Je
me retire de la vie politique du Celtic.

5 réflexions au sujet de « Championnat 1ere journée Séniors Saison 2017 – 2018 AS CONSTRUCTA vs CIC D : 2-5 »

  1. Mac

    Autant de métaphores squelette de crochet lors de ce match !! Un résumer laisse rêveur les plus grands artistes que nous sommes…
    Encore félicitations à l’équipe.
    Hail Hail !!!! »

    Répondre

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